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Villarvolard
Le nom de
Villarvolard signifie le "village de Walhard" selon Henri Jaccard.1
La plus ancienne trace écrite de cette localité remonte à 1179; une chapelle
y est alors mentionnée.2
Villarvolard relève à cette époque administrativement de la seigneurie de
Corbières, et spirituellement du couvent d'Humilimont à Marsens. Elle est
érigée en paroisse, dédiée à St-Sulpice, avant 1228; Jean de Grenillies,
cité en 1276, en est le plus ancien prêtre connu.3
En 1512/1513, le pape Jules II attribue cette paroisse au nouveau chapitre
St-Nicolas à Fribourg, qui cependant ne peut y exercer ses prérogatives qu'à
partir de 1580, année de la supression d'Humilimont. En 1554, comme tout le
reste de la seigneurie, Villarvolard passe sous la domination de Fribourg,
et fait désormais partie du baillage de Corbières. Depuis la fin de l'Ancien
Régime, Villarvolard est englobé successivement dans les préfectures de La
Roche (1798-1803), de Corbières (1803-1848) et de la Gruyère (1848-....).
Religieusement, le Chapitre St-Nicolas renonce à ses droits en 1925, et
c'est dès lors l'évêque qui nomme les desservants de Villarvolard.
Villarvolard compte deux constructions particulièrement emblématiques:
l'église et la fontaine. Une première église est vraisemblablement édifiée
entre 1179 et 1228. Elle se trouve dans un état de délabrement avancé en
1453, lorsque des représentants de l'évêque le Lausanne la visitent. Elle
est reconstruite au milieu du XVIIIème siècle, consacrée en 1760.4
Un nouveau clocher s'y dresse depuis la fin du XIXème siécle.5
La magnifique fontaine couverte est
érigée en 1828, grâce aux dons de Jacques Repond (1760-1830), dit le Russe,
homme richissime qui fut consul de France à St-Petersbourg.6
Le bassin lui-même porte la date de 1891. Villarvolard est surtout
célèbre pour être le village de Catherine Repond (1663-1731), mieux connue
sous le surnom de Catillon. Arrêtée en 1731 sous l'inculpation de
sorcellerie, elle est emprisonnée au château de Corbières puis dans la
Mauvaise Tour à Fribourg. Les témoignages recueillis contre elle la
dépeignent comme une femme marginale, à la langue bien pendue, voire
acariâtre et mécahnte, battant la compagne avec sa soeur Marguerite, vivant
de mendicité et de petits travaux. Pour échapper aux torturres qu'on lui
inflige, elle ne peut faire autrement qu'avouer être une sorcière. Fort de
ces aveux, le tribunal la condamne à mort; elle est la dernière
Fribourgeoise exécutée pour crime de sorcellerie.7
1 Henri Jaccard, Essai
de toponymie. Origine des noms de lieux habités et des lieux dits de la
Suisse romande, in: "Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire
de la Suisse romande", Lausanne, 1906, série II, tome VII, p. 513.
2
Joseph Jordan, L'abbaye prémontrée d'Humilimont, in: "Archives de la Société
d'histoire au canton de Fribourg", Fribourg, 1926, tome XII, pp. 508-509. 3
Apollinaire Dellion: "Dictionnaire historique et statistique des paroisses
catholiques du conaton de Fribourg", Fribourg, 1902, volume XII, p. 115. 4
Lbid., pp. 108-109 5 Clément
Fontaine, Villarvolard, in: "Le vieux Chalet", Bulle, 1955, p. 7.
6 Ibid., p. 10. 7
Nicolas Morard, Le procées de la sorcière Catherine Repond dite
Catillon: superstition ou rime judiciaire?, in: "Annales
fribourgeoises", Fribourg, 1970, tome L, pp. 13-80. Une version romancée a
été publiée par Josiane Ferrari-Clément: "Catillon et les écus du diable",
éd. La Sarine, Fribourg, 2008 |
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